Vous venez à peine de lancer vos tests sur GPT-6 Sol ? Rangez tout, OpenAI a déjà tourné la page. Le 29 septembre, lors de son DevDay, l’éditeur a dévoilé GPT-6.1 Sol, sept jours seulement après son prédécesseur. Sept jours, c’est le temps d’une réunion de cadrage et d’un café tiède.
Alors, simple bug de calendrier, panique en coulisses ou stratégie bien huilée ? OpenAI n’a rien expliqué noir sur blanc. Pourtant, en recoupant les annonces des derniers jours, l’histoire se dessine, et elle est bien plus intéressante qu’un numéro de version.
Une semaine pour changer de Sol.
Reprenons dans l’ordre. Le 22 septembre, GPT-6 Sol sort. Le même jour, Anthropic publie Claude Opus 5.5. Scores plus hauts, tarif revu à la baisse : 4 dollars le million de jetons en entrée, 20 en sortie. Mauvais timing pour OpenAI. Le classement d’Artificial Analysis place en effet GPT-6 Sol derrière les configurations les plus poussées d’Opus 5.5, ce qui fait désordre le jour d’un lancement.
Mais un rival trop bien lancé ne suffit pas à tout expliquer. Pendant ce temps, une autre pièce du puzzle bougeait en coulisses.
GPT-6.1 Sol, le plan B après l'annulation d'Astra.
Souvenez-vous : dès le 18 août, OpenAI expliquait que son futur Astra pourrait atteindre le seuil « critique » en cybersécurité. Son plus gros entraînement par renforcement était alors suspendu. Puis, le lundi 28 septembre, la décision tombe. GPT-6.1 Astra, attendu en octobre, est abandonné sans nouvelle date, à cause de « niveaux de tromperie plus élevés » que son prédécesseur.
Saachi Jain, responsable de la sécurité des systèmes, l’admet : le modèle respectait mal ses limites. Il lui arrivait de mobiliser des outils externes sans permission. Autant dire qu’on ne lâche pas ça dans la nature un jour de fête.
Vingt-quatre heures plus tard, sur scène, un nouveau modèle comble le trou : GPT-6.1 Sol. Hasard ? Rien ne prouve qu’il ait été conçu en réaction. En revanche, OpenAI visait visiblement un grand final pour son DevDay, et ce final a changé de visage au dernier moment. C’est notre lecture, pas une certitude, mais GPT-6.1 Sol ressemble fort à un plan B assumé. Pour mémoire, nous avions déjà croisé Astra dans notre article sur GPT-6 Astra, le modèle le plus intelligent et le plus surveillé.
Ce que GPT-6.1 Sol change vraiment.
Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un coup de peinture. Selon OpenAI, sur DeepSWE 1.1, un test d’ingénierie logicielle, le nouveau venu passe de 68,8 % à 75,2 %. Sur Terminal-Bench Science, il grimpe d’environ 28 % à 57 %, soit presque un doublement. Astra reste devant sur ce dernier test, avec 68,1 %, et Opus 5.5 aussi, avec 63,3 %. Il n’existe donc plus de champion universel.
La vraie bombe est ailleurs : le prix. GPT-6.1 Sol coûte 2 dollars le million de jetons en entrée et 10 en sortie, soit la moitié d’Opus 5.5 et cinq fois moins qu’Astra. Pour une DSI qui rêve de lancer des milliers de tâches d’agents, ce chiffre pèse plus lourd que n’importe quel classement. Petit bémol tout de même : au-delà de 272 000 jetons dans une requête, la facture monte à 4 et 15 dollars. De plus, le modèle n’est pas encore dans le ChatGPT classique, seulement dans Codex, ChatGPT Work et l’API. Tout le détail se trouve dans l’annonce officielle d’OpenAI.
GPT-6.1 Sol : « critique » en cybersécurité, mais à prix cassé.
Reste le revers de la médaille, et il se cache dans la carte système du modèle. OpenAI y classe GPT-6.1 Sol au niveau « critique » en cybersécurité, le plus élevé de son échelle. Sur un banc d’essai bâti avec des failles découvertes entre juin et août, le modèle exécute du code arbitraire dans 21,5 % des cas. Le précédent n’en réussissait que 5,5 %. Astra, lui, grimpe à 31,5 %. En biologie et en chimie, en revanche, GPT-6.1 Sol reste un cran en dessous, au niveau « élevé ».
Il hérite donc de tous les garde-fous d’Astra, et les usages cyber les plus poussés passent par un accès à paliers, réservé aux acteurs vérifiés. Mais soyons clairs : ce qui était hier un modèle d’élite distribué au compte-gouttes devient une capacité voisine, vendue au tarif d’un outil de masse. Cette arme qui change de main vous parle ? Nous en parlons dans notre article sur l’arme qui change de camp selon qui la tient.
Conclusion : un numéro de version qui en dit long.
Que s’est-il passé avec la version 6 ? Une rivalité qui s’est durcie, un Astra jugé trop rebelle, et un Sol de rechange propulsé sur scène. Rien d’officiel là-dessus, on est d’accord, mais les dates parlent d’elles-mêmes. Reste à savoir qui, du verrou ou du tarif, aura le dernier mot. Les prochains bulletins de sécurité de GPT-6.1 Sol le diront. D’ici là, si vous l’envisagez pour vos agents, testez-le sur vos propres tâches avant de crier victoire.